Quelles sont les opérations d’exit les plus importantes de l’écosystème start-up français ?

L’écosystème français de l’investissement se structure de plus en plus. Les start-ups deviennent peu à peu des “scale-ups”, des sociétés dont le business model a été validé par leurs premiers exercices, qui ont encore d’importantes perspectives de croissance et qui ont comme objectif de révolutionner leur marché.

C’est dans ce contexte que l’on peut se demander si le marché des fusions-acquisitions suit la même dynamique que celui des levées de fonds. Les fonds d’investissement n’investissent dans des start-ups que dans un seul but : revendre la société rapidement et en faisant des multiples importants.

Voici une liste des plus gros exits communiqués de Startups françaises :

📷1. Fotolia / Adobe : 800M€

🏢 2. Seloger / Axel Springer : 633M€

🎮 3. Gameloft / Vivendi : 621M€

📈 4. Neolane / Adobe : 600M€

📨 5. Kelkoo / Yahoo : 475M€

💅 6. Aufeminin.com / Groupe TF1 : 350M€

❤️ 7. Meetic / Match.com : 345M€

🍭 8. Zenly / Snapchat : 300M€

C’est donc à la suite d’une opération de rachat, pour un montant compris entre 220 et 310 millions d’euros, que Zenly est entré dans le giron de Snapchat. Toutefois, les deux sociétés devaient continuer à faire fonctionner leurs services indépendamment.

🎯 9. Teads / Altice : 285M€

Le rachat apparaissait comme un changement de cap pour Teads, puisqu’elle avait toujours assuré de vouloir se développer de manière autonome.

L’opération révélait également un pari du groupe Altice dans l’avenir de la publicité : l’objectif est de rendre la publicité à la télévision aussi ciblée que sur internet.

💻 10. Enablon / Wolters Kluwer : 250M€

🎥 11. Dailymotion / Vivendi : 217M€

Pour autant, depuis 3 ans, le nombre de visiteur est en chute libre. Et donc son chiffre d’affaires. Cette pépite du web tricolore ne cesse de se faire distancer par Youtube rendu quasiment monopolistique par Google.

📓 12. Compte Nickel / BNP Paribas : +200M€

La BNP Paribas, comme d’autres gros acteurs du secteur bancaire, était peu intéressée par les start-ups de la fintech. Mais avec ce rachat, pour plus de 200 millions d’euros, la banque montre bien sa volonté de profiter de ces jeunes entreprises qui ont su capter un flux de clientèle en capitalisant sur les zones d’insatisfaction client.

🚘 13. Chauffeur privé / Daimler : +200M€

La start-up avait été créée en 2011 par Yan Hascoët, Othmane Bouhlal et Omar Benmoussa et avait réussi à revendiquer 1,5 millions de clients et à fédérer un réseau de 18 000 chauffeurs partenaires.

Le rachat permet au groupe allemand de s’installer en France sur le marché très concurrentiel du transport privé de personnes, tandis qu’il permet à Chauffeur privé de bénéficier de la capacité financière de la multinationale pour développer son service en Europe.

💳 14. Priceminister / Rakuten : 200M€

🚆 15. Captain Train / Trainline : + ou — 200M€

Trainline, société anglaise fondée en 1997, s’est spécialisé dans les voyages proposés par les compagnies ferroviaires britanniques.

Le rapprochement entre les deux sociétés s’est fait pour un montant avoisinant les 200 millions d’euros et devait permettre aux deux structures de former un champion européen de la vente de billets de train.

📱 16. Withings / Nokia : 170M€

Nokia avait racheté la start-up en 2016 pour un montant de 170 millions d’euros afin de faire son grand retour dans le secteur de l’électronique grand public, après la vente de sa branche mobile à Microsoft en 2014.

Deux ans plus tard Nokia a revendu le groupe à son fondateur. Le montant du rachat n’a pas été communiqué mais n’excéderait pas 30 millions. Exemple d’un rachat raté par un grand groupe.

💊 17. Medtech / Zimmer Biomet : 164M€

La vente de Medtech était motivée par la difficulté qu’avait rencontré son fondateur à trouver des financements importants en France, carburant pourtant nécessaire pour que l’activité de la start-up ne périclite pas.

💡 18. Weave / Onepoint : 120M€

Le rapprochement entre les deux entreprises est motivé par la volonté de réinventer les modèles traditionnels du marché du conseil et créer le leader européen de la transformation numérique des entreprises et des acteurs publics. L’ambition de la nouvelle structure est de dépasser le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les 5 ans suivants le rachat, effectué pour un montant de 120 millions d’euros.

🔬 19. Trophos / Roche : 120M€ en rachat, 350M€ par étapes réussies

La société a été rachetée en 2015 par le laboratoire pharmaceutique suisse Roche, pour un montant de 120 millions d’euros allant directement aux actionnaires. Des versements ultérieurs étaient à prévoir, puisque 350 millions d’euros pouvaient être investis en fonction d’objectifs et d’étapes fixés à l’avance.

🍴20. La Fourchette / TripAdvisor : 110M€

📅 21.Sunrise / Microsoft : 100M€

D’autres opérations importantes ont eu lieu, mais leurs montants n’ayant pas été divulgués, il est difficile de les classer dans un top 10. Nous pouvons notamment citer :

Mais autre que les opérations d’acquisition, les introductions en bourse sont également une manière d’effectuer un exit.

Critéo avait, en 2013, réalisé une introduction en bourse réussie. L’opération avait permis de lever la somme de 250 millions d’euros. La fourchette du prix de vente de l’action avait été fixé par Critéo entre 23 et 26 dollars, mais le succès a été tel que les actions s’échangeaient à 45 dollars à leur cours le plus haut.

3 ans plus tard, c’est Talend qui effectue une entrée réussie au Nasdaq. Fondée par le français Bertrand Diard, l’entreprise de logiciel spécialisée dans l’intégration des Big Data la Startup est aujourd’hui côtée à plus de 2 milliards de dollars.

Showroomprivé.com avait lui aussi tenté l’aventure de l’introduction en bourse, en 2015, afin de rattraper le leader du secteur du déstockage en ligne, Vente-privée.com. La société a levé 256 millions d’euros, mais l’expérience aura toutefois été moins fructueuse que celle de Critéo. En effet, malgré la fixation du prix d’échange de l’action au plus bas de la fourchette indicative, soit 19,5 euros, à la clôture du jour d’introduction en bourse, le titre avait cédé 9,64%.

On constate une augmentation du nombre d’opérations de rachat de start-ups françaises, pour des montants toujours plus importants. Les acquéreurs sont dans la grande majorité des cas des entreprises étrangères.

Bien que ceci puisse favoriser le développement à l’international de nos jeunes pousses, les acteurs du corporate investment français sont encore trop peu présents sur le marché du M&A start-up. Gageons que la tendance s’inversera peu à peu dans un futur proche.

Rédigé avec la participation de Maximilien Prat.

Entrepreneur & Investor — CEO & founder www.eldorado.co— I just want to drink coffee, create stuff & sleep.

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